· 2 min read · Child Marriage
Mon mariage est prévu dans trois mois
Shared by Muriyar Ta Team
Je m'appelle ****, j'ai 15 ans et j'habite dans un petit village de Tessaoua, dans la région de Maradi. Je suis haoussa et, dans mon village, dès la naissance d'une fille, sa famille lui réserve déjà un futur mari. Cette pratique est appelée **« Kame »**. Ainsi, toutes les filles de mon village ont déjà un mari qui leur est destiné. Il ne reste plus qu'à attendre qu'elles grandissent et atteignent la puberté avant de les envoyer vivre chez leur époux. Pendant ce temps, leurs mères leur apprennent les tâches ménagères et tout ce qu'elles doivent savoir pour devenir de bonnes épouses. Les garçons, eux, ont la possibilité d'aller à l'école.
Pendant longtemps, j'ai cru que cette situation était normale, parce que c'est tout ce que j'ai connu depuis mon enfance. Puis, un jour, une jeune fille de notre village a été prise en charge par une ONG afin de poursuivre ses études à Maradi et est sur le point de devenir infirmière. Lors d'une visite, elle a pris le temps de nous parler, à nous les jeunes filles, de l'importance de l'éducation et de tout ce qu'elle lui avait permis d'accomplir. Son parcours m'a profondément inspirée. Pour la première fois, j'ai commencé à rêver d'une autre vie, et aujourd'hui, je rêve d'être à sa place.
Mon mariage est prévu dans trois mois, mais je ne veux pas me marier. Moi aussi, je veux aller à l'école, apprendre, devenir instruite et construire mon propre avenir. Malheureusement, je n'ai jamais osé en parler à mes parents, car je sais qu'ils ne me comprendront pas et qu'ils n'annuleront jamais ce mariage. Au fond de moi, je suis convaincue que je finirai par être mariée de force à un homme que je n'ai jamais choisi et que je n'aime pas.
Si je pouvais faire un seul vœu aujourd'hui, ce serait de voir davantage d'organisations venir dans mon village pour sensibiliser les familles et soutenir l'éducation des filles. J'aimerais que la prochaine génération n'ait pas à vivre ce que nous vivons aujourd'hui et ce que nos aînées ont vécu avant nous.
(Cette histoire a été traduite du haoussa vers le français, tout en préservant au mieux les mots et l'intention de son autrice.)

